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lundi 9 septembre 2013

Ce que dit le serpent


L'écriture
Siffle et glisse
Et ment
Dans le désert
Où l'arbre craque et brûle,
La voix ondule et fouette le vent,
Et nul ne sait ce que dit le serpent.
Serpent de Freud, serpent de Dieu?
Es-tu démon, es-tu démiurge?
Ou seulement des mots
Qui hurlent et s'insurgent
Et sifflent
Et craquent 
Et brûlent.

(vers 1990)

vendredi 30 août 2013

Entre les mots


 
trouvé ici



Les pointillés de la vie,
L'espace entre les traits,
Les marges où rien ne se dit,
Les pages de la vie écrites en encre sympathique
Attendent le Révélateur,
Attendent l'unique Lecteur...

L’œuvre pour rien, pour personne,
Elle est, c'est tout,
Elle fredonne
Et sa voix part chercher l'écho.
Elle espère autre réponse qu'elle-même renvoyée,
Exploratrice d'infinis peut-être...
Elle espère tout et rien,
Désespère quand ne revient
Que ce qu'elle a crié, chuchoté, hurlé,
Quand elle s'est cognée à la muraille dure.

Va, suis le vent qui te ramène quelquefois à ton point de départ,
Va, suis le chant des sphères,
Suis la piste tracée, effacée,
Devinée...


trouvé ici

lundi 26 août 2013

Prière dans le chagrin

Quand la rive est lointaine,

Quand la rive est prochaine,
Sur l'ici-bas
Laisse ta peine
Et reviens vite où tu iras...

Seigneur de joie,
Que souveraine
Soit sur ma vie ta grandeur et ta paix,
Fleurs qui jamais ne se fanent
Mais que souvent profanent
Nos cœurs inquiets.




Laisse couler rires et pleurs
Laisse chanter forts et joyeux
Les jours, les ans, toute ta vie...
Ne laisse plus ternir l'éclat des cieux,
Danse ta vie comme un nuage et comme un cri.







Je veux Seigneur ce soir encore

T'apporter ma prière:
Sur la rive incertaine
Du soir et du matin,
Quand approche l'aurore,
Quand c'est le soir enfin,
Viens visiter ma peine,
Que souveraine
Soit ta présence sur mon chagrin.    

(2002)


lundi 12 août 2013

les hurlements de ma jeunesse

                       I

Des stries, partout des stries

Tapissent la ville
Et les cris glapissent
Et les pitres striés
S'animent pour crever
Sous les yeux stridents 
Des Euménides satisfaites.

Je suis une strie
Sur le mur immense,
Une strie perdue parmi d'autres stries,
Une strie qui crie parmi d'autres cris,
Une strie vivante parmi d'autres vies,
Une strie qui crève parmi quelques rêves.

Des stries tapissent la pièce,
Découpent le ciel,
Et les stries se perdent
Jusque dans le sol assoiffé
Où les crevasses s'entrecroisent
Et le sol s'effrite
Sous l’œil las des dieux imaginaires.

(écrit vers 1980)